EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE RIAGE (33e édition)

DU 29 OCTOBRE AU 6 NOVEMBRE

 

EXPOSITION PHOTOGRAPHIQUE RIAGE DU 29 OCTOBRE AU 6 NOVEMBRE

SALLE DES FETES (RUE DES SPORTS)

Tous les jours de 14h30 à 18h30

Entrée libre

L'invité d'honneur pour ce 33e salon photographique est l'artiste Yers Keller

"De la Légion étrangère à l'école Brassart, une vie d'échappées belles

Peintre voyageur, ancien parachutiste, Yers Keller a connu les prisons de la Stasi en Allemagne de l'est, à 18 ans, la Légion étrangère pendant 7 ans et Théodore Monod dans le désert, avant de poser ses pinceaux et ses appareils photos à Tours.

Sa vie est un carnet de voyages, celle d’un homme à l’esprit libre et à l’oeil vagabond. Yers Keller est né en 1965 à Leipzig, dans l’ex-Allemagne de l’Est confinée sous le joug soviétique. Enfant, avec ses parents, Dieter et Karin, des pro-occidentaux, le petit Yers dévore les beaux livres illustrés sur les grands musées du monde, c’est sa façon à lui de voyager, du Louvre à la Tate Gallery en passant par le Prado et le Guggenheim.

Mais à 18 ans, avec  Arnold, un ami tout aussi épris de liberté, Yers décide de s’évader pour de vrai. De faire le mur, dans la campagne de Berlin, pour passer à l’ouest. À la deuxième haie de barbelés dissimulée dans un bois sombre, ils sont mis en joue et arrêtés. Yers est renvoyé à Leipzig sous bonne escorte. « C’était la première fois que je prenais l’avion… mais j’étais entouré par des gars de la Stasi ! », sourit-il.

Yers est embastillé dans une prison-usine de métallurgie pour purger sa peine pendant deux ans. En 1986, les autorités est-allemandes l’expulsent vers l’ouest. Le jeune homme de 21 ans part pour Düsseldorf, puis Kassel, avant de passer la frontière avec la France. Direction Aubagne.

A 22 ans, à Castelnaudary, il pousse la porte de la Légion étrangère

De la France, il connaît surtout l’Histoire, les grandes conquêtes Napoléoniennes. Mais pas un mot de français. Alors, le futur aventurier pousse la porte de la Légion étrangère, à Castelnaudary. Il a 22 ans. Il réussit toutes les épreuves physiques avec brio. « C’est comme ça que j’ai atterri au 2ème REP à Calvi, en Corse, et que je suis resté sept ans chez les paras ! »

Il effectuera 134 sauts dont 34 sportifs en chute libre et plusieurs campagnes en Afrique. Les deux dernières années de son engagement, le sergent Keller devient responsable de la cellule audio-visuel du régiment. Il n’a jamais cessé de dessiner, de croquer, de peindre et de photographier, pendant toutes ces années. Il sera même invité à exposer ses aquarelles à la citadelle de Calvi. Pas tout à fait classique, un béret vert qui manie aussi bien le fusil d’assaut que le pinceau !

En 1993, c’est le retour dans l’Allemagne réunifiée.  Yers veut encore voyager, découvrir le monde, les anciennes républiques soviétiques, l’Asie… « J’ai pris une carte du globe et j’ai tracé une grande ligne qui partait de Paris et allait jusqu’à Pékin, par Istanbul, l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Pakistan, l’Inde et le Népal. J’ai pris la route et dans mon sac à dos, j’ai mis mes carnets de croquis, mes crayons et mon Leica M6. » 

Un an de vagabondage photographique et pictural

Soutenu par les laboratoires Kodak et Pictorial, Yers Keller trace son chemin , toujours plus à l’est, à pied, en stop, parfois en train, sur les traces de Marco Polo et de Pierre Lotti... 

 A son retour, il s’installe à Paris où il publie ses carnets de voyages ainsi que deux livres sur la Légion étrangère et le GIGN, où il est resté deux mois en immersion totale, à Satory. Il part pour Montpellier où il expose ses aquarelles, rencontre le cinéaste-conférencier Maximilien Dauber qui l’emmène dans le désert du Tchad avec Théodore Monod, qui a alors 98 ans. Yers travaille pour « Connaissances du Monde ». Il sillonne l’ Afrique, qu’il peint et photographie, se lie d’amitié avec l’écrivain- voyageur Jean-Luc Coatalem, auteur de « La part du fils ».

De retour en France, il montre ses carnets de voyages, de Paris, de Bordeaux, de Samarkand ou de Katmandou.

"Je me repérais bien à Tours, c'est quadrillé, carré..."

Il y a une dizaine d’années, avec son épouse d’origine Laotienne, il décide de poser ses valises, et opte pour le val de Loire. L’idée de cette région douce traversée par un fleuve sauvage le séduit. « Dès que j’ai visité Tours, je m’y suis senti bien, c’est une ville ou je me repérais facilement, c’est quadrillé, carré. Faut pas oublier que je suis allemand quand même ! »

Une rencontre le marquera particulièrement, celle avec le général Michel Poulet, qui commandant de la place militaire de Tours. D’autres belles rencontres suivront, notamment avec l’artiste Michel Audiard. 

Invité à exposer ses croquis de voyages au château de Tours 

En 2018, Yers est accueilli au château de Tours pour exposer. C’est alors que l’école d’arts graphiques Brassart fait appel à ses talents. Yers Keller se révèle un professeur passionné. Il crée une section de photographie et lance des cours de sémiologie de l’image. Se retrouver face à ses quatre classes de 140 élèves ne lui fait pas peur. « La pédagogie s’accommode bien avec les valeurs de rigueur, de loyauté, de discipline. »

Yers crée alors Webecco, une agence de création de sites web. Durant le confinement, Yers n’a jamais cessé d’animer à distance ses cours, gardant le contact en permanence avec ses étudiants, ses « chers loulous » comme ils les appellent..."

Texte : Pascal Landré (NR)

www.yerskeller.com

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